Louise Harel. Quel scandale! Quel scandale?

5 juin 2009

Par Gérald Larose, président

 

Elle est unilingue! Et elle veut se présenter à la mairie de Montréal. Quel scandale!  Il est unilingue et il a été élu maire d’Ottawa. Quel scandale? À chaque fois on se surprend à constater que «  ces gens-là, monsieur » » (pour reprendre une expression de Jacques Brel dans « Les bourgeois » - et ils en sont!) ont une indignation à deux gabarits.   

La presse anglophone s’est  déchainée. Il ne lui en faut pas beaucoup pour que son racisme suintant  remonte à la surface. Louise Harel, « le monstre… l’idiote…que seul  Mom Boucher dépasserait comme repoussoir  de Gérald Tremblay… etc. » ose poser sa candidature à la marie de Montréal!  Quel scandale! « Elle ne parle pas l’anglais.  C’est une impolitesse » éructe Peter Trent, ancien maire de Westmount.   Haro!  

Est-Il nécessaire de rappeler qu’au Québec  le français est la langue officielle, publique, commune, normale et habituelle  de l’État, de l’administration, du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires. Le Québec est français! Montréal aussi! Il est vrai qu’il y a un décalage entre l’affirmation de la loi 101 et la réalité du Québec et de Montréal en particulier. En dépit de cela 87% des Montréalais ont une connaissance du français.  60% le parlent à la maison.  19% parlent plutôt l’anglais.  Et 21% y  parlent une autre langue que le français et l’anglais, ce qui est moindre que l’anglais. Quel scandale y a-t-il à élire dans une métropole une maire qui parle la langue que comprennent 87% de ses commettants dans un État qui a déclaré cette langue  officielle, publique, commune, normale et habituelle?

Alors qu’il n’y a pas de scandale à Ottawa? Une capitale d’un pays bilingue où vivent 17,7 de locuteurs français. Où comme toujours,  c’est un unilingue anglais qui a posé sa candidature et qui a été élu maire. Sans que cela ne soulève quelque vague que ce soit.

Ainsi donc il est scandaleux à une unilingue française de poser sa candidature dans la métropole d’un État  français et acceptable pour un unilingue anglais d’être élu maire d’une capitale d’un pays bilingue. Chercher l’erreur! Ce Québec est colonisé, maintenu qu’il est dans un cadre dont il ne s’est pas encore libéré.  

 

La place des jeunes est primordiale!

25 mai 2009

Par Gérald Larose, président.

 

Les journaux ont dit 500. La radio 1000. J’y étais. Au bas mot, en ce 24 mai 2009,  à Montréal, nous étions 2000 à répondre à l’appel d’un groupe « spontané » de jeunes souverainistes à « marcher vers l’indépendance ». L’ambiance était festive. La marche,  rythmée. Le verbe,  clair.  « Qu’est-ce qu’on veut? On veut l’indépendance ».

Tout était surprenant dans ce regroupement. D’abord l’initiative. Émanant d’un groupe informel de jeunes dialoguant essentiellement par internet et rattachés à aucune organisation.  Aussi l’organisation. Minimale au sens où il n’y avait pas de logistique lourde. Et le message. Extraordinairement épuré martelant l’essentiel projet de faire du Québec un pays. Sans ajouter le point de chute de l’itinéraire qui nous a conduits à la Place du Canada devenu dans les circonstances la Place de l’Indépendance, baptisée qu’elle fut par une pluie de poèmes de nos plus grands auteurs

Cette marche était une initiative citoyenne. Son déroulement s’est fait hors cadre. Son message n’en fut que plus percutant. Il témoigne de l’existence très concrète  de volontés « spontanées », « inorganisées » et « très jeunes » de voir le Québec devenir un pays. C’est ce que  la composition de la manifestation illustrait abondamment d’ailleurs.

Reste le défi de transformer cet élan en contribution au  mouvement social porteur du projet de l’indépendance du Québec. Répétons-le. Contrairement à l’immense majorité des peules, le Québec a choisi les urnes et non les armes pour conquérir sa liberté. Il a situé son combat dans le champ de la démocratie. Il  a décidé de travailler sur lui-même, de faire les débats, de mobiliser les convaincus, de convaincre les hésitants, de contredire  les opposants et d’appeler toutes ses composantes à réfléchir,  à prendre position et à s’exprimer. Dans ce brassage sociétal les partis politiques ont un rôle déterminant à jouer. Seul il ne suffit pas.  Le mouvement social est nécessaire.   Et dans le mouvement social, la place des jeunes est primordiale.

Est-ce un piège? Comment l’éviter?

11 mai 2009

Par Gérald Larose

 

Nous avons sué “sang et eau”! Tous n’étaient pas d’accord. Nous l’avons fait quand même. Déficit zéro. L’avenir d’un peuple et de ses politiques publiques, disions-nous, seront  mieux servis par des finances  saines que par un État qui additionne des déficits à ses dettes. Un grand coup a été donné. Qui a laissé des marques. L’équilibre a été atteint. Puis le début du  réinvestissement eut  lieu et des nouvelles politiques sociales furent aménagées. Notamment les centres de la petite enfance et les  dispositifs de développement local et régional pour ne nommer que ceux-là.

Puis vinrent les libéraux  fédéralistes : diminution des impôts de l’État québécois, affaiblissement de sa capacité  de conduire les grands travaux (PPP), sous-traitance au privé du  développement économique local et régional (les  FIERs) changement de vocation de la Caisse de dépôt et de placement  (priorité aux rendements  et non au développement ), vente de la Bourse de Montréal, croissance de la dépendance du Fédéral  pour la conduite des affaires économiques, croissance de la dette, puis,  finalement,  retour aux déficits… case départ.  Tout ce parcours pour rien!

 

Le gouvernement Charest, comme tous les gouvernements de droite, met à mal les finances de l’État. Dans quel but? Dans quels intérêts? Suivant quelle logique? Fédéraliste jusqu’au bout des ongles veut-il,  comme ses prédécesseurs,  laisser à la gouvernance alternative souverainiste une situation à ce point dégradé  qu’il souhaitera qu’elle se décourage d’œuvrer à l’essence de son projet: faire le pays?  Est-ce un piège?  Comment l’éviter?

 

11.05.09

« Des belles façons, des belles chansons! »

7 mai 2009

Par Gérald Larose, président

Ça recommence! « Des belles façons, des belles chansons! » Hier Stephen Harper. Aujourd’hui  Michael Ignatieff. Deux petits couplets,   un en anglais, l’autre en français, se contredisant, et  un refrain : « levez vos verres, saluez votre compagnie et swinguer la! » Nous  étourdir! Nous saouler!  

Le procédé est toujours le même. «  Je suis nouveau. Je vois grand. Je vous aime. Vous faites partie de mes plans. » Il y a eu le discours de Baie Comeau  de Mulroney, le discours de Québec d’Harper et, dernièrement,  le discours  de Laval d’Ignatieff.  À chaque fois, la pomme!  Et le verre! Et les vers!

La pomme? Nous étourdir avec « la reconnaissance… la cohabitation des identités… la société du savoir, etc. ». Le verre? Nous saouler avec  le pouvoir « c’est là la place du Québec  ». Les vers? Institutionnels! Cachés dans la pomme. Aux multiples têtes! Envahissant  systématiquement le champ des responsabilités du Québec : petite enfance, alphabétisation, éducation, formation professionnelle, santé, culture, développement sectoriel, énergie, développement régional, représentation internationale, etc. etc. Les institutions de l’État canadien n’épargnent  aucune des compétences de l‘État québécois.  Comme Trudeau, Mulroney, Chrétien et Harper, Michael Ignatieff continuera à  bâtir le nouveau Canada. Celui de 1982 qui a exclu  le Québec.

Lui aussi  nous chantera la pomme. Lui aussi   lèvera plusieurs fois son verre en notre honneur. Mais avant tout  il travaillera  avec  autant d’acharnement   pour nous empêcher d’éradiquer ses vers  qui mettent en péril  l’avenir de notre nation. Grand mal lui prendra parce qu’en  quarante ans nous avons  beaucoup appris. Notamment que notre avenir n’appartenait qu’à nous. À personne d’autre. Et pas  au Canada.

 

 

Canada? Se faire accroire d’exister!

28 avril 2009

 Par Gérald Larose, président

 

Durablement, invariablement,  encore une fois,   le Québec  se verra octroyer cette année 85% du budget de la fête du Canada. Avec  11 millions de population, l’Ontario recevra 100,000$. Avec 7 millions de population, Québec recevra 37 fois plus!  3,760,000$.  Chercher l’erreur! Une erreur, curieusement, qui ne se répète pas dans les enveloppes de développement économique, d’infrastructures ou de Recherche et Développement. Plutôt le contraire. Précisément en Recherche et Développement c’est exactement 15%  et non pas 85% que le Québec reçoit comme part d’investissements en provenance du fédéral.

Pourquoi sur ce point précis de sa fête le  Canada dote-il le Québec de tant de  sollicitude? Comme pour les lieux historiques, les parcs nationaux,  les chaires du Canada, les bourses du millénaire, les subventions aux arts et à la culture,  les prix du ou de la gouverneure générale,  etc. etc., le Canada s’échine à  occuper  l’imaginaire des Québécoises et des Québécois pour tenter de s’y imposer, de s’y incruster.  Jadis, on aurait  dit que le Canada se livre à des opérations de propagande. Aujourd’hui il est plus courant d’emprunter une terminologie marchande : les « commandites ». Et dieu sait qu’en cette matière le fédéral est passé champion toutes catégories. Certains croyaient que c’était le fait des libéraux? Détrompez-vous, les conservateurs n’ont rien cédé. La pluie des millions pour tenter de lessiver l’imaginaire des Québécois et des Québécoises n’a pas cessé. « Nation building » canadien oblige.

Ce pays est une illusion. Plein de contradictions. Qui à coup de propagandes  et de commandites essaie de se fait accroire qu’il existe. Mais il n’a  pas réussi. Car il y a ici une nation qui depuis 250 ans résiste et n’a pas capitulé. Au contraire, elle s’est battue pour le gouvernement responsable. Ses patriotes ont été tués pour s’être amourachés de la démocratie.  Pas en vainc. C’est grâce à elle que le Québec entend  devenir un  pays. La surabondance des budgets propagandistes fédéralistes n’en fera rien.

Sarkozy dit n’importe quoi, encore une fois!

3 février 2009

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

C’était clair. Déjà cet été, en route pour chez Bush, en coup de vent à Québec,   il avait fait le dessin… pas très beau! En sourdine, par derrière, tous et un chacun, les Français les premiers,   avaient voulu le voiler d’un peu de couleur. Hier, chez lui, sans contrainte, il  a repris le pinceau pour en remettre une couche. L’avenir du Québec, comme il dit,  ce n’est pas son truc.

Il est sorti de son texte, a-t-il précisé. C’est son cœur  qui a parlé. Avec des mots énormes visant celles et ceux qui œuvrent  à l’érection d’un pays français en terre d’Amérique. Des mots de la vieille rhétorique fédéraliste. Des mots qui lui ont été susurrés : opposition, division, détestation, sectarisme, replis sur soi, enfermement, agressivité, etc. Des mots qui sont en totale contradiction par rapport au projet que portent les souverainistes du Québec. 

Agressifs?  Bonasses plutôt! Nous qui n’avons jamais réussi à arrêter le fédéral d’envahir nos champs des responsabilités et  récemment encore de  couper  un milliard dans le retour au Québec de nos impôts. Sectaires? Majoritaires plutôt.  Nous qui sur 200 députés à élire aux deux ordres de gouvernement  en élisons une majorité absolue (101) d’obédience indépendantiste. Détestation? Respectueux plutôt. Nous qui reconnaissons que la nation canadienne est une grande nation et qu’elle a droit de faire sa vie sans être importunée par le Québec qui, lui, a son originalité, sa personnalité, ses valeurs et  aussi le droit de faire ses propres choix.  Opposition? Oui. Comme en France et dans toutes les sociétés démocratiques. Enfermement? Oui! Là-dessus, sans le savoir,  il a le mot juste. Effectivement, le Québec est enfermé… dans le Canada.  C’est précisément pour accéder directement au monde, à la planète,  que le Québec veut sortir du Canada. Il veut se libérer de cet enfermement pour,  comme peuple,    participer directement à la délibération internationale,  défendre ses intérêts,  proposer  son savoir faire et ajouter au patrimoine de la diversité culturelle mondiale son originalité.

Le Québec est tout sauf une société repliée sur elle-même. Patiemment, depuis 250 ans,  pour surmonter son grave déficit numérique (2% de parlant français en Amérique du Nord) cette nation  n’a eu de cesse de multiplier les rapports avec le monde. Aussi avec la France.  Qui lui a déjà fait défaut. Ce que Sarkozy voudrait rééditer aujourd’hui.

Est-ce la fin des haricots? Pas plus que le « Vivre le Québec libre » n’en fut le début. Le Général De Gaulle a coiffé et planétarisé le mouvement social portant le projet de l’indépendance du Québec. Il ne l’a pas créé. Encore aujourd’hui les Québécois et les Québécoises demeurent seuls responsables de la poursuite de leur projet. Le faisant,  ils forceront le Canada, la France et toutes les nations à respecter le droit des peuples à l’autodétermination qu’ils ont signé dans un texte fondamental des Nations-Unies et qu’ils ont fait appliquer très récemment tant au Monténégro qu’au Kosovo. Il en serait autrement pour le Québec qui économiquement, socialement et institutionnellement est mieux équipé  que 95% des pays existants? Le croire serait un défi énorme à la raison. 

Nous avons le droit d’être déçus. Cependant, nous ne sommes pas surpris. De Gaulle était un grand président que les grands respectaient.  Il avait fait de la France une exception dotée de la frappe nucléaire et non intégrée à l’Otan. Il avait une vision claire de la géopolitique dans laquelle le Québec comptait.  Sarkozy est un petit président  fasciné par la cour des grands, Il veut réintégrer le commandement de l’Otan. Éliminer les irritants lui facilitera  le chemin. Dans ce contexte,  ses amis fédéralistes l’ont certainement rassuré que le Québec était un détail… à passer dans les profits et pertes. Pour autant, ils ne sont pas obligés de l’amener à dire n’importe quoi. Comme trop souvent.

 

Les plaines d’Abraham ? Nous les reprendrons !

25 janvier 2009

Gérald Larose, Président

Conseil de la souveraineté du Québec

C’était le   400e d’une ville et non d’un peuple. Aux couleurs du Canada et non du Québec. Très festif. Peu éducatif. Il fallait surtout éviter que les Québécois de tout le Québec  redécouvrent leurs racines et s’enorgueillissent du chemin parcouru. 2008  fut vidé de son  sens historique. Ils veulent  que 2009 en soit rempli. Le Canada  s’est payé le 400e de la ville de Québec. Il voudrait maintenant nous vendre le 250e de la conquête anglaise. Non ! Non ! Et non !

Le Canada ne baisse jamais les bras. Il est toujours en construction. Il lui faut s’écrire une histoire. Ce faisant, interpréter celle du Québec, la travestir  pour l’intégrer dans la sienne. Il a mis la main sur nos principaux lieux de mémoire. Il a multiplié les musées d’interprétation. Il subventionne largement des chaires de production idéologique. Son objectif : construire   la narration historique, occuper  les repères symboliques et gérer le discours public. C’est dans ce cadre que les 400e, 250e ou 100e fêtes sont mises à contribution.

Il faut s’objecter sans nuances à la célébration du 250e de la conquête anglaise. Le Québec a perdu la bataille de 1759. Mais il n’a pas perdu la guerre. Dès 1760 son mouvement d’émancipation s’est mis en route. Il lui a fait traverser ces deux siècles et demi. Résistant à la colonisation. Combattant l’aliénation.  Et aujourd’hui c’est  le Québec tout entier qui est formidablement équipé pour assumer son destin souverain. 2009 ? Une année importante de réflexion pour voir comment bientôt  nous reprendrons les plaines d’Abraham pour y hisser le très beau drapeau québécois

 

Jean Pelletier, coupable

19 janvier 2009

Il est mort. Normalement le concert d’éloges convenus et convenants  marque  le point d’orgue de la carrière d’un homme de cette envergure. Jean Pelletier a souhaité jouer  les prolongations en livrant aux médias une série d’entrevues à être publiée après son décès. Dans les circonstances il nous permettra de jouer la partie.  Dans lesdits  entretiens   il avoue crûment que relativement à la question nationale du Québec les règles de la démocratie peuvent être violées. « Quand on est en guerre, on va-tu perdre le pays à cause d’une virgule dans la loi ? » N’est-ce pas lui, avec plusieurs des  siens, qui avait en bouche, constamment comme une accusation, le respect des règles ? Y compris celles d’une constitution unilatérale que le Québec n’a jamais voulu accepter ni signer ?

 

Aujourd’hui, c’est Jean Pelletier. Hier, Jean Chrétien. Antérieurement, Pierre-Elliot Trudeau. S’ajoutant  aux nombreux « canadiens français » fédéraux toujours disponibles pour les basses œuvres, cet inconditionnel du Canada a œuvré   à maintenir de gré ou de force cette « race » dans le Canada.

 

Il était en guerre, disait-il. Dans les mêmes termes, Guité  le disait aussi. Les deux étaient « en ordre de marche. Salut ». Pelletier commandant. Guité exécutant. « Il y en a peut-être qui se posaient des questions. Pas moi ».  Guité est coupable. Jean Pelletier aussi. Jean Chrétien également. Lui qui récemment, dans une phraséologie similaire,  avouait que s’il n’avait pas réussi à voler le référendum il n’en aurait pas reconnu les résultats positifs.

 

Ces gens n’ont pas de pleurs pour la démocratie qu’ils tuent. Au moins en ont-ils pour l’ami qui les a quittés. Mais leurs sentiments ne doivent pas  embuer notre vision de leurs conceptions élastiques  de la démocratie et des dimensions   illégale et maffieuse de leurs pratiques.

 

 

“La mémoire usurpée”

19 janvier 2009

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

 

 

Nous le devinions. Nous avions soulevé quelques interrogations.  Il ne fallait surtout pas  jouer les « casseux de party »! Il y a bien eu quelques «couacs ». Mais, finalement nous y sommes allés. En y revenant un peu gênés. Cette fête était bizarre! Une impression de passer à côté de l’essentiel.  Le dernier numéro de l’Action nationale (volume XCVIII, numéros 9 et 10, novembre et décembre 2008)  nous livre un dossier  percutant sur le « holdup» fédéraliste des fêtes du 400ième de la ville de Québec.  « La mémoire usurpée » est à lire d’un couvert à l’autre. On y apprend comment, concrètement, avec la complicité de ses inconditionnels,  le Canada s’y est pris pour s’écrire  à nouveau un bout d’histoire  en travestissant  celle du Québec.  Il a contrôlé l’organisation. Il a mis le fric. Il a fourni les espaces physiques. Il a géré l’interface internationale. Tous les référents identitaires  (drapeaux, couleurs, symboles) de la nation québécoise ont été écartés.  Le premier objectif était  que le Québec oublia de fêter sa naissance. Objectif atteint. Une ville fut fêtée. Non une nation, Ni même une capitale! Dossier à lire absolument sous la plume des auteurs Jacques Beaumier, Gaston Deschênes, Marcel Junius, Pierre-Paul Sénéchal, Michel Lessard et Francine Lavoie.

Le « nouveau Charest » et la désaffection civique.

11 décembre 2008

Par Gérald Larose
Président du Conseil de la souveraineté

Une courte majorité. Mais une épaisse couche de cynisme. De toute son existence le Québec n’aura jamais si peu voté.   Jean Charest se maintient au pouvoir avec l’appui de moins de 25% des électeurs. Le pire score de toute l’Amérique du Nord. Pire que celui des Américains ! Un record de désaffection civique. Une magistrale régression démocratique. Comment en sommes-nous venus là ? Une addition de facteurs.

D’abord, la répétition  abusive du processus. Usant ! Aussi l’instrumentalisation   strictement  partisane de l’exercice à la seule fin d’incruster son pouvoir. Dégradant. Tertio. Le formatage du message comme des publicités répétées. Abrutissant ! Quarto. Le tout sur fond de combat de  coqs. Abêtissant ! Plus grave encore, des politiciens savaient qu’ils allaient trouver leur compte dans la dépolitisation du processus démocratique. Navrant !  J’ai nommé Jean Charest.

Cette élection n’avait pas lieu d’être. Le peuple le savait. Il l’a dit. On s’est foutu de sa gueule. Il s’est foutu de la gueule des politiciens.

On lui a dit  qu’il y avait une récession MONDIALE et qu’une tempête terrible allait s’abattre. Aucun plan, aucun chiffre. Plutôt des millions et  des milliards. Et dans un type d’État sans grands pouvoirs, ni ressources significatives et ni accès aux forums où s’élaborent les solutions durables.  Quand c’est MONDIAL, ce n’est pas provincial, ça regarde Ottawa. Quand c’est l’économie, ce n’est pas les services, ça le regarde aussi. D’ailleurs, en pleine campagne électorale québécoise,  les manifestants interpellaient Harper, pas Charest. D’autant plus que lui-même s’échinait à ignorer le seul instrument de développement économique qu’il avait à sa portée, la Caisse de dépôt et de placement,  dont   il ne voulait,  pour rien au monde, entendre parler. Alors l’économie ? C’était  pour faire semblant ! Le peuple l’a vite su. Il a haussé les épaules et détourné  la tête.

Mais il y avait aussi un  « nouveau Charest » lui a-t-on dit. « Packagé » et vendu comme un nouveau produit « plus authentique », « moins arrogant », « rassembleur ». Résultat de travaux de focus-groups et de données  de sondages,  le nouveau « produit Charest »   fut   mis  en marché  comme le sont les nouvelles savonnettes,  dans  des contextes parfaitement contrôlés. Sans retour. Sans débat. Le message s’adressait aux consommateurs. Les citoyens, eux,  sont restés chez eux.

Et ce produit était maintenant québécois ! Il a planté Harper (oui, délicatement !). Il a défendu le Bloc (oui, avec hésitations). Il a fait appel aux votes souverainistes (oui, en se pinçant les lèvres). Et maintenant il rêve d’une « stature » internationale pour le Québec (oui, pour faire oublier que la question de  son statut   en est la condition première !). Il a parlé avec monsieur Sarkozy (oui, entre deux avions).  Etc. Etc. « Il y a bel et bien une « révolution Charest » » nous affirme Patrice Servant, son principal rédacteur de discours, dans La Presse du 11 décembre dernier, en nous assurant qu’il était maintenant « pleinement et en son âme et conscience, premier ministre du Québec ». Ah oui ! Et non plus « Captain Canada » ?  Qui l’a cru ? Il est vrai que le Québec est habitué aux belles phrases. Elles jalonnent son histoire. Même monsieur Harper, naguère,  en a  eu des jolies à son endroit. Y aurait-il des surprises à en entendre de la bouche de monsieur Charest ? Peut-être pas. Est-ce suffisant pour aller voter ? Assurément non.

N’aide pas  la dérive médiatique de plus en plus prononcée à couvrir les campagnes électorales  davantage comme des combats de coqs  que comme des choix de société à débattre et à faire. On nous dit tout des politiciens. Très peu des politiques. Tout des coulisses. Très peu des enjeux. Nous sommes au spectacle ! La presse elle-même y détenant un grand rôle avec ses « premières » et ses « scoops » pas toujours dépourvus d’intérêt, y compris pécuniaires. Et nous ? Toujours consommateurs. Très peu citoyens.

La démocratie est une construction permanente. Le processus électoral en est une modalité délicate.  Cette fois-ci,  au Québec en décembre comme au Canada en octobre, elle a été détournée de sa finalité par opportunisme, électoralisme et partisannerie crasse. Résultats ? Abstentionnisme record,  cynisme et dépolitisation qui sont de  puissants ingrédients d’une  démocratie musclée ou d’une gouvernance autoritaire. En 2008 il devrait être permis de rêver à des objectifs autres que ceux de battre les records de Maurice Duplessis ?

 

Montréal,

12.12.08