Archive pour septembre 2009

Pierre Falardeau, héraut intarissable !

Lundi 28 septembre 2009

Par Gérald Larose, président

Trop tôt ! Il avait tant à dire. Il racontait le pays à venir avec une force et une passion qui ne laissaient personne indifférent. Surtout pas celles et ceux qui ne partageaient pas le projet qu’il avait fait sien de faire du Québec un pays français en Amérique du Nord.

Homme de culture et érudit d’histoire des peuples et de ses libérateurs, Pierre Falardeau n’avait pas son pareil pour traduire ici et aujourd’hui les grandeurs et les bassesses qui accompagnent tout processus de libération nationale. Les élites écopaient. Les masses aussi. Avec des sentiments tout différents. Pamphlétaire unique, sa voix totalement libre nous manquera. Généreux à souhait, particulièrement avec les jeunes, la fin de son engagement laissera un grand vide.

Pierre Falardeau nous a quittés. Le projet reste. Toujours aussi beau, emballant, structurant. Merci à Pierre Falardeau d’avoir nourri notre espérance et de nous avoir constamment rappelé qu’il nous appartenait de lui donner des mains. En cela, il aura été un héraut intarissable que son œuvre nous permettra d’entendre encore longtemps.

Adieu. Merci.

Un moulin à paroles d’or

Mardi 15 septembre 2009

Par Gérald Larose, président

Dans nos têtes, en boucle, tournent encore les mots, les phrases, les intonations, les évocations, les cris, les paroles de deux siècles et demi de résistants courbant sous l’adversité, se redressant dans le courage et s’obstinant à avancer dans la solidarité. En premier lieu, ce moulin à paroles a broyé celle des politicailleux de bas niveau et des échotières en mal de démarcation qui se sont échinés à vouloir discréditer cet extraordinaire exercice populaire de mémoire. Le moulin à paroles les a tous et toutes confondus, sans exception. Ils ont tenté de le faire s’emballer pour qu’il s’écroule. Les meuniers ont maintenu le rythme pour qu’il fasse son travail. La production fut gargantuesque et d’une très grande qualité et les moissonneurs impressionnés par le résultat.

Le moulin à paroles nous a réconciliés avec la vie faite de grandeurs et de bassesses des élites et des masses. Aussi il nous a confirmés dans nos convictions, renforcés dans nos engagements et soudés à jamais à ceux et à celles qui au cours de ces 250 ans ont été du côté de la liberté, de la détermination et de la solidarité.

Autant le 400ième de Québec (conçu pour distraire du 400ième du Québec) avait été vidé de sa substance historique autant le moulin à paroles l’a restaurée dans sa diversité et sa richesse. Dans un décor dépouillé et naturel. Dans une gestuelle sobre et intense. Pendant 24 heures, nous avons été surpris par des découvertes, envahis par le beau et comblés par la certitude qu’à tous les niveaux ce peuple remonte les Plaines d’Abraham.

Il est en marche et le jour s’approche où il y hissera son propre drapeau.

Un gouvernement de minables.

Mercredi 9 septembre 2009

Un gouvernement de minables.

Par Gérald Larose, président

 

Un gouvernement de minables! Il n’existe  point d’expression plus juste pour qualifier la décision de l’actuel gouvernement  du seul État français des Amériques. Il est  en dessous de tout. Inculte en étant incapable d’une lecture artistique du parcours résistant  de son propre peuple? Révisionniste en travestissant le sens des paroles qui ont marqué de façon plurielle  le cours  de l’histoire? Censeur en voulant en taire certaines? Tout cela peut-être. Mais d’abord et avant tout  ce gouvernement fait férocement partie du camp de celles et de ceux qui, au cours de ces 250 ans, jusqu’à l’ère moderne,  ont travaillé   pour  que le peuple québécois occulte son histoire et se divise sur le sens de son avenir.

En 2008 il avait réussi à travestir la naissance de son  peuple en celle  d’une municipalité.  Il finança des fêtes du 400ième  en renonçant au  drapeau et aux symboles  de la nation québécoise et  même à sa couleur bleue.  Il mit  beaucoup de ressources  pour divertir et écarta  la presque totalité  des  initiatives citoyennes visant l’appropriation de l’expérience historique de la résistance du peuple québécois. Fort de cette lancée il croyait peut-être   que le 250ième de la défaite de ce même peuple pourrait être  recyclé en une célébration de reconnaissance envers les victorieux! Avec bals, poignées de mains et reconstitution festive du carnage de l’époque. L’ensemble du Québec s’est objecté. À nouveau des citoyens prirent l’initiative de proposer des activités permettant l’appropriation du chemin parcouru et donnant sens à l’avenir de cette aventure unique. Ils sollicitèrent du gouvernement du Québec une modeste contribution  de 20,000$, Rien à voir avec les dizaines de millions  mis à la disposition des divers amuseurs publics.  La réponse prit la forme d’un immense mépris non seulement envers  les auteurs traités de terroristes mais également envers tous ceux et toutes celles qui s’identifiant à cette expérience se voient  traités de complices.

C’est ce même gouvernement qui donna sans sourciller 250,000$ (un quart de million) au riche Club des Canadiens de Montréal pour qu’il produise  à Toronto dans un français approximatif un livret de fidélisation des tout jeunes enfants qu’il expédia  dans chacune des  écoles du Québec. Divertissement, oui. Histoire, non.  Pas même dans les livres qui doivent la raconter. Les dates qui fâchent y ont été édulcorées.

Saluons les artistes, les organisations de la société civile et les citoyennes et les citoyens engagés qui, à titre purement gracieux et en dépit de l’hostilité ouverte d’un gouvernement sensé les représenter aussi, nous procureront en ce 250ième des activités dignes d’un peuple debout en marche vers son accomplissement,