Archives pour la catégorie 'Général'

Un moulin à paroles d’or

Mardi 15 septembre 2009

Par Gérald Larose, président

Dans nos têtes, en boucle, tournent encore les mots, les phrases, les intonations, les évocations, les cris, les paroles de deux siècles et demi de résistants courbant sous l’adversité, se redressant dans le courage et s’obstinant à avancer dans la solidarité. En premier lieu, ce moulin à paroles a broyé celles des politicailleux de bas niveau et des échotières en mal de démarcation qui se sont échinés à vouloir discréditer cet extraordinaire exercice populaire de mémoire. Le moulin à paroles les a tous et toutes confondus, sans exception. Ils ont tenté de le faire s’emballer pour qu’il s’écroule. Les meuniers ont maintenu le rythme pour qu’il fasse son travail. La production fut gargantuesque et d’une très grande qualité et les moissonneurs, impressionnés par le résultat.

Le moulin à paroles nous a réconciliés avec la vie faite de grandeurs et de bassesses des élites et des masses. Aussi, il nous a confirmés dans nos convictions, renforcés dans nos engagements et soudés à jamais à ceux et à celles qui, au cours de ces 250 ans, ont été du côté de la liberté, de la détermination et de la solidarité.

Autant le 400e de Québec (conçu pour distraire du 400e du Québec) avait été vidé de sa substance historique autant le moulin à paroles l’a restaurée dans sa diversité et sa richesse. Dans un décor dépouillé et naturel. Dans une gestuelle sobre et intense. Pendant 24 heures, nous avons été surpris par des découvertes, envahis par le beau et comblés par la certitude qu’à tous les niveaux ce peuple remonte les Plaines d’Abraham.

Il est en marche et le jour s’approche où il y hissera son propre drapeau.

Un gouvernement de minables

Mercredi 9 septembre 2009

Par Gérald Larose, président

Un gouvernement de minables! Il n’existe point d’expression plus juste pour qualifier la décision de l’actuel gouvernement du seul État français des Amériques. Il est en dessous de tout. Inculte en étant incapable d’une lecture artistique du parcours résistant de son propre peuple? Révisionniste en travestissant le sens des paroles qui ont marqué de façon plurielle le cours de l’histoire? Censeur en voulant en taire certaines? Tout cela peut-être. Mais d’abord et avant tout ce gouvernement fait férocement partie du camp de celles et ceux qui, au cours de ces 250 ans, jusqu’à l’ère moderne, ont travaillé pour que le peuple québécois occulte son histoire et se divise sur le sens de son avenir.

En 2008, il avait réussi à travestir la naissance de son peuple en celle d’une municipalité. Il finança des fêtes du 400e en renonçant au drapeau et aux symboles de la nation québécoise et même à sa couleur bleue. Il mit beaucoup de ressources pour divertir et écarta la presque totalité des initiatives citoyennes visant l’appropriation de l’expérience historique de la résistance du peuple québécois. Fort de cette lancée, il croyait peut-être que le 250e de la défaite de ce même peuple pourrait être recyclé en une célébration de reconnaissance envers les victorieux! Avec bals, poignées de main et reconstitution festive du carnage de l’époque. L’ensemble du Québec s’est objecté. À nouveau des citoyens prirent l’initiative de proposer des activités permettant l’appropriation du chemin parcouru et donnant sens à l’avenir de cette aventure unique. Ils sollicitèrent du gouvernement du Québec une modeste contribution de 20 000$. Rien à voir avec les dizaines de millions mis à la disposition des divers amuseurs publics. La réponse prit la forme d’un immense mépris non seulement envers les auteurs traités de terroristes, mais également envers tous ceux et celles qui, s’identifiant à cette expérience, se virent traités de complices.

C’est ce même gouvernement qui donna sans sourciller 250 000$ (un quart de million) au riche Club des Canadiens de Montréal pour qu’il produise, à Toronto, dans un français approximatif, un livret de fidélisation des tout jeunes enfants qu’il expédia dans chacune des écoles du Québec. Divertissement, oui. Histoire, non. Pas même dans les livres qui doivent la raconter. Les dates qui fâchent y ont été édulcorées.

Saluons les artistes, les organisations de la société civile et les citoyennes et citoyens engagés qui, à titre purement gracieux et en dépit de l’hostilité ouverte d’un gouvernement censé les représenter aussi, nous procureront en ce 250e des activités dignes d’un peuple debout en marche vers son accomplissement.

Louise Harel. Quel scandale! Quel scandale?

Vendredi 5 juin 2009

Par Gérald Larose, président

Elle est unilingue! Et elle veut se présenter à la mairie de Montréal. Quel scandale!  Il est unilingue et il a été élu maire d’Ottawa. Quel scandale? À chaque fois on se surprend à constater que « ces gens-là, Monsieur» (pour reprendre une expression de Jacques Brel dans Les bourgeois  — et ils en sont!) ont une indignation à deux gabarits.   

La presse anglophone s’est  déchainée. Il ne lui en faut pas beaucoup pour que son racisme suintant  remonte à la surface. Louise Harel, «le monstre… l’idiote… que seul  Mom Boucher dépasserait comme repoussoir  de Gérald Tremblay… etc. », ose poser sa candidature à la marie de Montréal!  Quel scandale! «Elle ne parle pas l’anglais.  C’est une impolitesse», éructe Peter Trent, ancien maire de Westmount. Haro!  

Est-Il nécessaire de rappeler qu’au Québec le français est la langue officielle, publique, commune, normale et habituelle  de l’État, de l’administration, du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires. Le Québec est français! Montréal aussi! Il est vrai qu’il y a un décalage entre l’affirmation de la loi 101 et la réalité du Québec, et de Montréal en particulier. En dépit de cela, 87% des Montréalais ont une connaissance du français. 60% le parlent à la maison. 19% parlent plutôt l’anglais. Et 21% y parlent une autre langue que le français et l’anglais, ce qui est moindre que l’anglais. Quel scandale y a-t-il à élire dans une métropole une maire qui parle la langue que comprennent 87% de ses commettants dans un État qui a déclaré cette langue officielle, publique, commune, normale et habituelle?

Alors qu’il n’y a pas de scandale à Ottawa? La capitale d’un pays bilingue où vivent 17,7 de locuteurs français. Où comme toujours,  c’est un unilingue anglais qui a posé sa candidature et qui a été élu maire. Sans que cela ne soulève quelque vague que ce soit.

Ainsi, il est scandaleux qu’une unilingue française pose sa candidature dans la métropole d’un État français mais il est acceptable qu’un unilingue anglais soit élu maire de la capitale d’un pays bilingue. Cherchez l’erreur! Ce Québec est colonisé, maintenu qu’il est dans un cadre dont il ne s’est pas encore libéré.  

 

La place des jeunes est primordiale!

Lundi 25 mai 2009

Par Gérald Larose, président.

Les journaux ont dit 500. La radio, 1000. J’y étais. Au bas mot, en ce 24 mai 2009, à Montréal, nous étions 2000 à répondre à l’appel d’un groupe «spontané» de jeunes souverainistes à «marcher vers l’indépendance». L’ambiance était festive. La marche, rythmée. Le verbe, clair. «Qu’est-ce qu’on veut? On veut l’indépendance.»

Tout était surprenant dans ce regroupement. D’abord l’initiative. Émanant d’un groupe informel de jeunes dialoguant essentiellement par Internet et rattachés à aucune organisation. Aussi l’organisation. Minimale au sens où il n’y avait pas de logistique lourde. Et le message. Extraordinairement épuré martelant l’essentiel projet de faire du Québec un pays. Sans ajouter le point de chute de l’itinéraire qui nous a conduits à la Place du Canada devenu dans les circonstances la Place de l’Indépendance, baptisée qu’elle fut par une pluie de poèmes de nos plus grands auteurs.

Cette marche était une initiative citoyenne. Son déroulement s’est fait hors cadre. Son message n’en fut que plus percutant. Il témoigne de l’existence très concrète  de volontés «spontanées», «inorganisées» et «très jeunes» de voir le Québec devenir un pays. C’est ce que la composition de la manifestation illustrait abondamment d’ailleurs.

Reste le défi de transformer cet élan en contribution au mouvement social porteur du projet de l’indépendance du Québec. Répétons-le. Contrairement à l’immense majorité des peuples, le Québec a choisi les urnes et non les armes pour conquérir sa liberté. Il a situé son combat dans le champ de la démocratie. Il a décidé de travailler sur lui-même, de faire les débats, de mobiliser les convaincus, de convaincre les hésitants, de contredire  les opposants et d’appeler toutes ses composantes à réfléchir, à prendre position et à s’exprimer. Dans ce brassage sociétal, les partis politiques ont un rôle déterminant à jouer. Seul il ne suffit pas. Le mouvement social est nécessaire. Et dans le mouvement social, la place des jeunes est primordiale.

Est-ce un piège? Comment l’éviter?

Lundi 11 mai 2009

Par Gérald Larose

Nous avons sué «sang et eau»! Tous n’étaient pas d’accord. Nous l’avons fait quand même. Déficit zéro. L’avenir d’un peuple et de ses politiques publiques, disions-nous, seront  mieux servis par des finances saines que par un État qui additionne des déficits à ses dettes. Un grand coup a été donné. Qui a laissé des marques. L’équilibre a été atteint. Puis le début du réinvestissement eut lieu et des nouvelles politiques sociales furent aménagées. Notamment les centres de la petite enfance et les dispositifs de développement local et régional, pour ne nommer que ceux-là.

Puis vinrent les libéraux  fédéralistes : diminution des impôts de l’État québécois, affaiblissement de sa capacité  de conduire les grands travaux (PPP), sous-traitance au privé du développement économique local et régional (les  FIERs), changement de vocation de la Caisse de dépôt et placement (priorité aux rendements et non au développement ), vente de la Bourse de Montréal, croissance de la dépendance du Fédéral  pour la conduite des affaires économiques, croissance de la dette, puis, finalement, retour aux déficits… case départ. Tout ce parcours pour rien!

Le gouvernement Charest, comme tous les gouvernements de droite, met à mal les finances de l’État. Dans quel but? Dans quels intérêts? Suivant quelle logique? Fédéraliste jusqu’au bout des ongles, veut-il, comme ses prédécesseurs, laisser à la gouvernance alternative souverainiste une situation à ce point dégradée qu’il souhaitera qu’elle se décourage d’œuvrer à l’essence de son projet: faire le pays? Est-ce un piège? Comment l’éviter?

 

« Des belles façons, des belles chansons! »

Jeudi 7 mai 2009

Par Gérald Larose, président

Ça recommence! « Des belles façons, des belles chansons! » Hier Stephen Harper. Aujourd’hui  Michael Ignatieff. Deux petits couplets, un en anglais, l’autre en français, se contredisant, et un refrain : « Levez vos verres, saluez votre compagnie et swinguez-la! » Nous étourdir! Nous soûler!  

Le procédé est toujours le même. « Je suis nouveau. Je vois grand. Je vous aime. Vous faites partie de mes plans. » Il y a eu le discours de Baie-Comeau de Mulroney, le discours de Québec d’Harper et, dernièrement, le discours de Laval d’Ignatieff. À chaque fois, la pomme! Et le verre! Et les vers!

La pomme? Nous étourdir avec « la reconnaissance… la cohabitation des identités… la société du savoir, etc. ». Le verre? Nous soûler avec  le pouvoir « c’est là la place du Québec. » Les vers? Institutionnels! Cachés dans la pomme. Aux multiples têtes! Envahissant systématiquement le champ des responsabilités du Québec : petite enfance, alphabétisation, éducation, formation professionnelle, santé, culture, développement sectoriel, énergie, développement régional, représentation internationale, etc. Les institutions de l’État canadien n’épargnent aucune des compétences de l‘État québécois. Comme Trudeau, Mulroney, Chrétien et Harper, Michael Ignatieff continuera à  bâtir le nouveau Canada. Celui de 1982 qui a exclu le Québec.

Lui aussi nous chantera la pomme. Lui aussi lèvera plusieurs fois son verre en notre honneur. Mais avant tout, il travaillera avec autant d’acharnement pour nous empêcher d’éradiquer ses vers qui mettent en péril l’avenir de notre nation. Grand mal lui prendra parce qu’en 40 ans nous avons beaucoup appris. Notamment que notre avenir n’appartenait qu’à nous. À personne d’autre. Et pas au Canada.

 

Canada? Se faire accroire d’exister!

Mardi 28 avril 2009

Par Gérald Larose, président

Durablement, invariablement, encore une fois, le Québec se verra octroyer cette année 85% du budget de la fête du Canada. Avec 11 millions de population, l’Ontario recevra 100 000$. Avec 7 millions de population, Québec recevra 37 fois plus! soit 3 760 000$. Cherchez l’erreur! Une erreur, curieusement, qui ne se répète pas dans les enveloppes de développement économique, d’infrastructures ou de Recherche et Développement. Plutôt le contraire. Précisément, en Recherche et Développement, c’est exactement 15% et non pas 85% que le Québec reçoit comme part d’investissements en provenance du fédéral.

Pourquoi, sur ce point précis de sa fête, le Canada dote-il le Québec de tant de sollicitude? Comme pour les lieux historiques, les parcs nationaux, les chaires du Canada, les bourses du millénaire, les subventions aux arts et à la culture, les prix du ou de la gouverneure générale, etc., le Canada s’échine à occuper l’imaginaire des Québécoises et des Québécois pour tenter de s’y imposer, de s’y incruster. Jadis, on aurait dit que le Canada se livrait à des opérations de propagande. Aujourd’hui, il est plus courant d’emprunter une terminologie marchande : les « commandites ». Et Dieu sait qu’en cette matière le fédéral est passé champion toutes catégories. Certains croyaient que c’était le fait des libéraux? Détrompez-vous, les conservateurs n’ont rien cédé. La pluie des millions pour tenter de lessiver l’imaginaire des Québécois et des Québécoises n’a pas cessé. Nation building canadien oblige.

Ce pays est une illusion. Plein de contradictions. Qui, à coup de propagande et de commandites, essaie de se faire accroire qu’il existe. Mais il n’a pas réussi. Car il y a ici une nation qui depuis 250 ans résiste et n’a pas capitulé. Au contraire, elle s’est battue pour le gouvernement responsable. Ses patriotes ont été tués pour s’être amourachés de la démocratie. Pas en vain. C’est grâce à elle que le Québec entend devenir un pays. La surabondance des budgets propagandistes fédéralistes n’y changera rien.

Sarkozy dit n’importe quoi, encore une fois!

Mardi 3 février 2009

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

C’était clair. Déjà cet été, en route pour chez Bush, en coup de vent à Québec, il avait fait le dessin… pas très beau! En sourdine, par derrière, tout un chacun, les Français les premiers, avaient voulu le voiler d’un peu de couleur. Hier, chez lui, sans contrainte, il a repris le pinceau pour en remettre une couche. L’avenir du Québec, comme il dit, ce n’est pas son truc.

Il est sorti de son texte, a-t-il précisé. C’est son cœur qui a parlé. Avec des mots énormes visant celles et ceux qui œuvrent à l’érection d’un pays français en terre d’Amérique. Des mots de la vieille rhétorique fédéraliste. Des mots qui lui ont été susurrés : opposition, division, détestation, sectarisme, repli sur soi, enfermement, agressivité, etc. Des mots qui sont en totale contradiction par rapport au projet que portent les souverainistes du Québec. 

Agressifs? Bonasses plutôt! Nous qui n’avons jamais réussi à arrêter le fédéral d’envahir nos champs de responsabilité et, récemment encore, de couper un milliard dans le retour au Québec de nos impôts. Sectaires? Majoritaires plutôt. Nous qui, sur 200 députés à élire aux deux ordres de gouvernement, en élisons une majorité absolue (101) d’obédience indépendantiste. Détestation? Respectueux plutôt. Nous qui reconnaissons que la nation canadienne est une grande nation et qu’elle a droit de faire sa vie sans être importunée par le Québec qui, lui, a son originalité, sa personnalité, ses valeurs et aussi le droit de faire ses propres choix. Opposition? Oui. Comme en France et dans toutes les sociétés démocratiques. Enfermement? Oui! Là-dessus, sans le savoir, il a le mot juste. Effectivement, le Québec est enfermé… dans le Canada. C’est précisément pour accéder directement au monde, à la planète, que le Québec veut sortir du Canada. Il veut se libérer de cet enfermement pour, comme peuple, participer directement à la délibération internationale,  défendre ses intérêts, proposer son savoir-faire et ajouter au patrimoine de la diversité culturelle mondiale son originalité.

Le Québec est tout sauf une société repliée sur elle-même. Patiemment, depuis 250 ans, pour surmonter son grave déficit numérique (2% de parlant français en Amérique du Nord), cette nation n’a eu de cesse de multiplier les rapports avec le monde. Aussi avec la France. Qui lui a déjà fait défaut. Ce que Sarkozy voudrait rééditer aujourd’hui.

Est-ce la fin des haricots? Pas plus que le « Vive le Québec libre » n’en fut le début. Le général de Gaulle a coiffé et planétarisé le mouvement social portant le projet de l’indépendance du Québec. Il ne l’a pas créé. Encore aujourd’hui les Québécois et les Québécoises demeurent seuls responsables de la poursuite de leur projet. Le faisant, ils forceront le Canada, la France et toutes les nations à respecter le droit des peuples à l’autodétermination qu’ils ont signé dans un texte fondamental des Nations unies et qu’ils ont fait appliquer très récemment tant au Monténégro qu’au Kosovo. Il en serait autrement pour le Québec qui, économiquement, socialement et institutionnellement est mieux équipé que 95% des pays existants? Le croire serait un défi énorme à la raison. 

Nous avons le droit d’être déçus. Cependant, nous ne sommes pas surpris. De Gaulle était un grand président que les grands respectaient. Il avait fait de la France une exception dotée de la frappe nucléaire et non intégrée à l’OTAN. Il avait une vision claire de la géopolitique dans laquelle le Québec comptait.  Sarkozy est un petit président fasciné par la cour des grands. Il veut réintégrer le commandement de l’OTAN. Éliminer les irritants lui facilitera le chemin. Dans ce contexte, ses amis fédéralistes l’ont certainement rassuré que le Québec était un détail… à passer dans les profits et pertes. Pour autant, ils ne sont pas obligés de l’amener à dire n’importe quoi. Comme trop souvent.

 

 

Les plaines d’Abraham ? Nous les reprendrons !

Dimanche 25 janvier 2009

Gérald Larose, président

Conseil de la souveraineté du Québec

C’était le 400e d’une ville et non d’un peuple. Aux couleurs du Canada et non du Québec. Très festif. Peu éducatif. Il fallait surtout éviter que les Québécois de tout le Québec redécouvrent leurs racines et s’enorgueillissent du chemin parcouru. 2008 fut vidé de son sens historique. Ils veulent que 2009 en soit rempli. Le Canada s’est payé le 400e de la ville de Québec. Il voudrait maintenant nous vendre le 250e de la conquête anglaise. Non ! Non ! Et non !

Le Canada ne baisse jamais les bras. Il est toujours en construction. Il lui faut s’écrire une histoire. Ce faisant, interpréter celle du Québec, la travestir pour l’intégrer dans la sienne. Il a mis la main sur nos principaux lieux de mémoire. Il a multiplié les musées d’interprétation. Il subventionne largement des chaires de production idéologique. Son objectif : construire la narration historique, occuper les repères symboliques et gérer le discours public. C’est dans ce cadre que les 400e, 250e ou 100e fêtes sont mises à contribution.

Il faut s’objecter sans nuances à la célébration du 250e de la conquête anglaise. Le Québec a perdu la bataille de 1759. Mais il n’a pas perdu la guerre. Dès 1760 son mouvement d’émancipation s’est mis en route. Il lui a fait traverser ces deux siècles et demi. Résistant à la colonisation. Combattant l’aliénation.  Et aujourd’hui c’est le Québec tout entier qui est formidablement équipé pour assumer son destin souverain. 2009 ? Une année importante de réflexion pour voir comment, bientôt, nous reprendrons les plaines d’Abraham pour y hisser le très beau drapeau québécois.

Jean Pelletier, coupable

Lundi 19 janvier 2009

Par Gérald Larose.

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

Il est mort. Normalement, pour un homme de cette envergure, le concert d’éloges convenus et convenants aurait été le point d’orgue de sa carrière. Il a préféré jouer les prolongations en livrant aux médias une série d’entrevues à être publiée après son décès dans lesquelles il avoue crûment que relativement à la question nationale du Québec les règles de la démocratie peuvent être violées. « Quand on est en guerre, on va-tu perdre le pays à cause d’une virgule dans la loi ? » N’est-ce pas lui, avec plusieurs des siens, qui avait en bouche, constamment comme une accusation, le respect des règles ? Y compris celles d’une constitution unilatérale que le Québec n’a jamais voulu accepter ni signer ?

Aujourd’hui, c’est Jean Pelletier. Hier, Jean Chrétien. Antérieurement, Pierre-Elliot Trudeau. S’ajoutant aux nombreux « canadiens français » fédéraux toujours disponibles pour les basses œuvres, cet inconditionnel du Canada oeuvrait à maintenir de gré ou de force cette « race » dans le Canada.

Il était en guerre, disait-il. Empruntant la même terminologie, Guité le disait aussi. Les deux étaient « en ordre de marche. Salut ». Pelletier commandant. Guité exécutant. « Il y en a peut-être qui se posaient des questions. Pas moi ». Guité est coupable. Jean Pelletier aussi. Jean Chrétien également. Lui qui récemment avouait que s’il n’avait pas réussi à voler le référendum il n’en aurait pas reconnu les résultats positifs.

Ces gens n’ont pas de pleurs pour la démocratie qu’ils tuent. Au moins en ont-ils pour l’ami qui les a quittés. Malheureusement nous ne le comptions pas des nôtres.