Parce qu’ils sont les meilleurs!

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

Faut-il chercher très loin les explications à la victoire du Bloc ? Peut-être pas. Essentiellement quatre raisons. D’abord, l’équipe. D’une qualité remarquable. Il y avait 50 fois plus de ministrables dans le Bloc que chez les conservateurs et les libéraux. Ensuite le programme. D’une clarté aveuglante : empêcher le « bushisme » canadien de s’appliquer au Québec en élisant le maximum de personnes n’ayant qu’une seule allégeance, qu’une seule loyauté et qu’un seul intérêt, celui du Québec. Troisièmement, l’éthique. Parler franc en dépistant les mensonges. Se porter à la défense du Québec, de ses valeurs et de ses pratiques, tout en ne recherchant pas le pouvoir. Enfin, le leadership. Expérimenté, cohérent et rassembleur. Ils ont gagné tout simplement parce qu’ils étaient les meilleurs !

Ils ont  gagné surtout parce qu’ils poursuivent la tendance lourde de l’histoire moderne du Québec. En 1982, le Canada déchirait le pacte confédératif. Il se dotait de nouveaux textes fondateurs excluant explicitement le Québec en le spoliant de pouvoirs qui appartenaient à son Assemblée nationale. Plus tard, des hommes braves ont tenté sans succès de corriger l’affront historique. A nouveau, le Canada a dit non.  Ça s’est appelé Meech. Alors le Québec a compris que son avenir n’était plus de ce côté.

Et le Bloc a été créé. D’abord pour rapatrier au Québec toute la légitimité politique de la représentation démocratique. Il s’agissait d’empêcher une majorité d’individus d’un parti politique fédéraliste de se servir de la légitimité démocratique d’élus pour enfoncer le Québec au profit des intérêts du Canada. Puis pour construire patiemment les fondamentaux de la souveraineté du Québec. Ainsi, depuis 18 ans, une rupture tranquille s’opère. Le Québec délaisse le centre de décision canadien. Il se campe dans la promotion de ses intérêts. Il prépare le terrain pour une autonomisation complète de son destin. Le résultat électoral de 2008 le confirme. Pour la neuvième fois, il a élu une immense majorité de députés, les deux-tiers pour être précis, pour porter son projet. Comme au hockey, il s’est constitué une formidable équipe de défenseurs pour permettre au reste de l’équipe de passer à l’offensive et remporter la victoire.

Merci à chacun et à chacune de tenir leur position. Nos vœux de courage et de détermination les accompagnent. Et bientôt se jouera la coupe Québec ! Et nous ferons la fête !

P.S. Bloc: 38.1% du vote populaire et présent dans toutes les régions du Québec. Conservateurs: 37.6% du vote populaire et absent des grandes villes du Canada. Encore une fois, et cela depuis 18 ans, la force représentative du Bloc en territoire québécois est supérieure à celle du parti qui exerce l’autorité gouvernementale en territoire canadien. Est-il permis d’ajouter que le NPD n’a jamais fait élire sur l’ensemble du territoire canadien autant de députés que le minimum que le Bloc a fait élire dans toute son histoire à partir du seul territoire québécois ? Il nous semble qu’avant de contester la force représentative du Bloc, il faudrait méditer un peu ! Non ?

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