“La baloune a petté” m’a confié mon voisin

4 décembre 2008

Par Gérald Larose

président

Qu’ils sont beaux à voir tous  vociférant,   hurlant, applaudissant  et dégobillant sur les odieux Québécois « séparatistes ».  Les mêmes   si sirupeux à les  flatter dans le sens du poil pour gagner  leur  vote en campagne électorale. « La baloune a petté » m’a confié mon voisin qui s’était laissé convaincre de leur donner une chance. « Heureusement qu’ils sont restés minoritaires. Je ne pensais pas qu’ils étaient de même. On en aurait mangé toute une! »

Idem au Québec. Charest majoritaire? On connaît : Suroît, écoles juives, Mont-Orford, interdiction de syndicalisation des femmes dans le secteur de la garde à domicile, etc. Minoritaire?  Il est devenu  tout doux, à l’écoute, moins brusque, mais servant toujours les mêmes intérêts fédéralistes et d’argent.

Un « pensez-y bien » avant de voter libéral. Charest et Harper : même farine. Ils n’avaient pas besoin de déclencher les élections. Ils l’ont fait par opportunisme. Tous les deux ont tenu des discours auxquels ils ne croient même pas. Par pur électoralisme. Ils ont abondamment abusé de la bonne foi des électeurs et des électrices. Par pur cynisme. Résultat net? Ils ont sévèrement amoché la qualité de notre vie démocratique. Malheureusement un taux anormalement faible du vote le confirmera au Québec comme il en fut au Canada. Faudrait-il qu’ils en soient récompensés pour autant? Souhaitons que non.

 

Show de boucane! Entrez! Entrez!

26 novembre 2008

par Gérald Larose président du Conseil de la souveraineté du Québec

Les yeux tout écarquillés, Pauline Marois et Mario Dumont  se sont littéralement esclaffés en voyant Jean Charest se barrer les pieds dans le rodage d’un de ses  prochains shows de boucane. Maîtrisant mal sa nouvelle cassette, Charest  s’empêtra dans  la stature,  la statue et le statut pour, au sortir, essayer de nous faire comprendre que l’avenir du Québec ne tenait pas à la qualité de son statut (de pays) mais à celle de sa stature (internationale). Occultant  au passage et de façon délibérée que l’une est la condition de l’autre.

Jean Charest et le camp fédéraliste sont  passés maîtres dans la prestidigitation des mots.  Sa tentative   cloche-pied   clôturait  d’ailleurs une tirade de mots valises qui,  balancés sur la place publique,  font  encore  effet… de leurre.  L’UNESCO. Un recul magistral du Québec qui  a cédé  sa primauté  dans son propre champ de compétence pour la présence d’un fonctionnaire qui aura le droit de dire la même chose que le Canada. La reconnaissance bidon de la NATION! Qui n’entraîne aucun changement structurel ou constitutionnel. Le fédéralisme ASYMÉTRIQUE!  Un mot utilisé une seule fois  dans un communiqué de presse. Jamais repris ailleurs que dans des discours politiques et partisans. Et dans  un champ de compétence exclusif du Québec, la santé. Et qui se résume à signifier que le Québec a signé sur une feuille séparée la même entente que celle  conclue et signée de manière regroupée par les autres provinces du Canada. Le CONSEIL DE LA FÉDÉRATION! Rien d’autre que le vieux club des premiers ministres  subalternes se réunissant plus systématiquement … pour se plaindre. Etc. Etc.

Ils sont forts ces fédéralistes pour manier les mots et créer des impressions de changement afin de  s’assurer  que rien ne bouge sur le fond des choses. Au débat des chefs, Charest a peut-être trébuché. Mais le show de boucane  est annoncé.   À l’affiche,  La statue du Québec. (en lieu et place du Pays  du Québec).  Entrez! Entrez!  Sinon,

Votez! Votez!

 

 

Voter pour punir

25 novembre 2008

Par Gérald Larose président du Conseil de la souveraineté du Québec

Cette campagne ne devait pas avoir lieu. Le parti libéral trônait à l’Assemblée nationale.  L’ADQ n’était que l’ombre d’elle-même. Le PQ était en réorganisation. Personne ne menaçait personne. Le peuple québécois venait de se farcir l’élection fédérale. Il avait suivi avec attention l’élection américaine. Il voulait prendre un peu de distance. Se reposer de la joute partisane. Voir venir un peu. Que  non! Charest y a vu  une extraordinaire opportunité de profiter de ce temps mort pour se gagner une majorité à même l’écœurement, la désaffection  et le cynisme de la population.

Voilà pourquoi, dès son lancement, cette campagne a piqué du nez. Et elle n’a jamais levé car l’enjeu identifié par celui-là même qui l’a déclenchée est hors de portée. Personne ne croit que c’est une province qui peut venir à bout d’une crise de l’ordre de celle qu’on nous annonce. Où sont les leviers? Où sont les ressources? Qui gèrent  les relations? Quels sont les forums? Qui y participent? Le Québec est loin de ce trafic comme le sont  toutes les provinces du Canada ou  du monde. La régulation internationale est affaire de pays comme l’est la conduite des affaires économiques  dans des contextes de graves tourmentes nationales. Et curieusement le gouvernement du pays auquel le Québec appartient vient de préciser que dans la gestion de cette crise il ne se passerait rien  avant l’annonce du budget.

Au Québec, le temps d’une campagne « provinciale »,  les politiciens libéraux font semblant de s’exciter sur l’économie. Le peuple a la conviction intime  qu’on rit de lui.  Parce que  c’est dans un pays, le Canada,  que  les choses sérieuses se passent. Parce qu’en plus, dans ce pays,  ça se passera uniquement dans trois mois. Et qu’en bout de ligne,  ça se passera   en fonction de ses intérêts économiques.  Le reste c’est de la “broue”.  « Cessez de nous écœurer ». Il existe donc une tentation énorme de faire un bras d’honneur au processus électoral lui-même. Très malheureusement, ce serait donner raison à  Jean Charest. Il ne le faut pas. Résistons. Levons-nous. Et allons voter pour punir celui-là même qui nous a lancés sur ce mur.

Signer un « contrat moral ? » Une autre patente !

3 novembre 2008

Par Gérald Larose 

président Conseil de la souveraineté du Québec

Mettre la table!  Une subvention ici. Une annonce de politique là. Presser le pas pour déclencher les élections. C’est dans ce contexte que Madame James, ministre de l’immigration du Québec,  a annoncé l’intention de son ministère de faire signer un contrat moral à celles et à ceux qui souhaiteraient immigrer chez  nous. En guise de suite au rapport Bouchard-Taylor.  La méthode est douteuse. Le contenu,   suspect.  Le résultat nul, prévisible.   Par contre l’objectif est  clair : leurrer.

Pendant un an le Québec s’est astreint à un débat de société d’une rare qualité démocratique.  Le rapport qui en émergea fut nettement en deca des  attentes exprimées. Les contredisant même en déclinant habilement en territoire québécois la vision canadienne du multiculturalisme. Cependant, cela étant, le rapport  méritait que les élus s’en emparassent. Nullement. À la veille d’une élection qu’il déclenchera lui-même le  gouvernement libéral tente   plutôt d’enterrer définitivement ce rapport par une proposition de « contrat moral » qui jette sur l’ensemble des candidats à l’immigration le soupçon que d’entrée de jeu, ils ne sont pas au diapason des valeurs et des pratiques du Québec.  Et le Canada d’embrayer à nouveau pour dégobiller sur le  Québec. « Voyez comme ils sont racistes »!

Partout dans le monde les nouveaux arrivants s’intègrent à des pays et non pas à des provinces. Le Québec n’est pas un pays. Pour favoriser l’intégration, bien que province,  il fait des efforts. Parfois colossaux. Au chapitre de la langue notamment, avec la charte de la langue française. En dépit de cet investissement, force est de constater qu’il n’a pas encore réussi à franchir la barre des 50% dans l’intégration en français des personnes qui n’ont pas cette langue  comme langue d’origine.  Alors qu’au Canada  ça se fait en anglais dans 99,7% des cas!  Faut-il en dire plus? La proposition d’un « contrat moral » c’est pour faire semblant. C’est pour leurrer. Le véritable enjeu de l’avenir du peuple québécois est sa structure politique autonome. C’est lorsque le Québec sera un pays que  celles et ceux qui viendront le rejoindre sauront qu’il sera là pour toujours et qu’il vaut mieux s’y intégrer totalement.

 

Des menteurs et des valises!

24 octobre 2008

Des menteurs et  des valises!

 

Par Gérald Larose, président

 

Reconnaissance de la nation québécoise, un siège du Québec à l’UNESCO,  règlement du déséquilibre fiscal, fédéralisme d’ouverture, etc. Ou bien le disque conservateur s’est enrayé.  Ou bien c’est une tentative d’intoxication. Ou bien  c’est une gigantesque fumisterie. Qu’y a-t-il  derrière les mots?

 

Reconnaissance de la nation québécoise? Qu’y a-t-il  de changer dans les papiers (constitution, lois, règlements, etc.)? Rien. Qu’y a-t-il de changer dans les pratiques gouvernementales fédérales (préséance de la charte de la langue française, intégration des immigrants, représentation exclusive du Québec par lui-même, etc.)? Rien.

 

Un siège du Québec à l’UNESCO? Consultez le site de l’UNESCO et vous vous verrez  que le Québec n’y figure pas.

 

Déséquilibre fiscal?  Y a-t-il eu un réaménagement des sources de revenus entre le fédéral et le Québec? Le quémandage du gouvernement du Québec a-t-il cessé? Au contraire. Pas plus tard que vendredi dernier, le premier ministre du Québec rééditait encore la traditionnelle démarche de quête envers Ottawa. Cette fois-ci en matière de culture, compétence québécoise s’il en est une!

 

Fédéralisme d’ouverture? A part les mots?  Rien que des mots! Toujours les mêmes! Comme disait la chanson. Et surtout, aucune conséquence! Alors il nous faut conclure que ces gens sont des menteurs. Ils annoncent mais savent  qu’ils ne livreront pas  la marchandise. Car la population canadienne est foncièrement contre (à 72%) toute reconnaissance et traitement particulier du Québec. Ils sont menteurs et prennent les Québécoises et les Québécois pour des valises.

Sarkozy ! À compter parmi les ennemis du Québec

23 octobre 2008

Par Gérald Larose,

président

À compter parmi les ennemis du Québec. Nous n’avons pas mal compris. Bien qu’emberlificoté son message était clair. Il n’allait pas s’embarrasser du Québec dans l’atlantisation de la France. Pour compter devant l’histoire,  Sarkozy a pour projet  de liquider l’héritage gaulliste  en éliminant l’exception française en terre européenne, en se rapprochant des Etats-Unis d’Amérique, en réintégrant politiquement le commandement de l’Otan et  en éliminant tous les irritants dans ses rapports avec tous les Grands du G8, dont le Canada. Le rangement sarkoziste de la France dans la maison de plus en plus lézardée de la famille néolibérale, s’il devait réussir, se ferait avec des sacrifices, dont celui du Québec.

Nous avons le droit d’être déçus ! Mais pas surpris. On devinait cette orientation depuis sa propre campagne présidentielle où il ne s’est commis en rien sur la francophonie et le Québec. Puis suivit le ballon  d’essais dans les medias sur l’abandon de la politique du « ni-ni ». que complétèrent  ses dialogues complices avec la représentante au Canada  de la Reine d’Angleterre,  travestie, pour l’occasion, en descendante de Samuel de Champlain. La créature  politique française de Paul Desmarais livre la marchandise. 

Est-ce la fin des haricots ? Pas plus que le « Vivre le Québec libre » n’en fut le début. Le Général De Gaulle a coiffé et planétarisé le mouvement social portant le projet de l’indépendance du Québec. Il ne l’a pas crée. Encore aujourd’hui les Québécois et les Québécoises demeurent seuls responsables de la poursuite de ce projet. Le faisant ils forceront le Canada, la France et toutes les nations  à respecter le droit des peuples à l’autodétermination qu’ils ont signé dans un texte fondamental des Nations-Unies et qu’ils ont fait appliquer très récemment tant au Monténégro  qu’au Kosovo. Il en serait autrement pour le Québec qui économiquement, socialement et  institutionnellement est 95 fois mieux équipé qu’eux ? Le croire serait un défi énorme à la raison

Parce qu’ils sont les meilleurs!

18 octobre 2008

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté

Faut-il chercher très loin les explications à la victoire du Bloc ? Peut-être pas. Essentiellement quatre raisons. D’abord  l’équipe. D’une qualité remarquable. Il y avait 50 fois plus de ministrables dans le Bloc que chez les conservateurs et les libéraux.  Ensuite le programme. D’une clarté aveuglante : empêcher le « bushisme » canadien de s’appliquer au Québec en élisant  le maximum de personnes n’ayant  qu’une  seule allégeance, qu’une seule  loyauté et qu’un seul intérêt, celui du Québec. Troisièmement, l’éthique. Parler franc en dépistant les mensonges. Se porter à la défense du Québec, de ses valeurs et de ses pratiques tout en ne recherchant pas le pouvoir.  Enfin le leadership. Expérimenté, cohérent et rassembleur. Ils ont gagné tout simplement parce qu’ils étaient les meilleurs !

Ils ont  gagné surtout parce qu’ils poursuivent la tendance lourde de l’histoire moderne du Québec. En 1982 le Canada déchirait le pacte confédératif. Il  se dotait de nouveaux textes fondateurs excluant explicitement le Québec en le spoliant de pouvoirs qui appartenaient à son Assemblée Nationale. Plus tard, des hommes braves ont tenté sans succès de corriger l’affront historique. A nouveau  le Canada a dit non.  Ça s’est appelé Meech.  Alors le  Québec a compris que son avenir n’était plus de ce côté.

Et le Bloc a été créé. D’abord pour rapatrier au Québec toute la légitimité politique de la représentation démocratique. Il s’agissait  d’empêcher une majorité d’individus d’un parti politique fédéraliste  de se  servir de la légitimité démocratique d’élus pour enfoncer le Québec au profit des intérêts du Canada.  Puis pour construire patiemment les fondamentaux de la souveraineté du Québec. Ainsi, depuis 18 ans, une rupture tranquille s’opère. Le Québec délaisse le centre de décision canadien. Il se campe dans la promotion de ses intérêts. Il prépare le terrain pour une autonomisation complète de son destin. Le résultat électoral de 2008 le confirme. Pour la neuvième fois, il a élu une immense majorité de députés, les deux-tiers pour être précis,  pour porter son projet. Comme au hockey, il s’est constitué une formidable équipe de défenseurs pour permettre au reste de l’équipe de passer à l’offensive et  remporter la victoire.

Merci  à chacun et à chacune de tenir leur position. Nos vœux de courage et de détermination les accompagnent. Et bientôt se jouera la coupe Québec ! Et nous ferons la fête !

P.S. Bloc, 38.1% du vote populaire et présent dans toutes les régions du Québec. Conservateurs  37.6% du vote populaire et absent des grandes villes du Canada. Encore une fois, et cela depuis 18 ans, la force représentative du Bloc en territoire québécois est supérieure à celle du parti qui exerce l’autorité gouvernementale en territoire canadien. Est-il permis d’ajouter que le NPD n’a jamais fait élire sur l’ensemble du territoire canadien autant de députés que le minimum que le Bloc a fait élire dans toute son histoire  à partir du seul  territoire québécois ? Il nous semble qu’avant de contester la force représentative du Bloc il faudrait méditer un peu ! Non !

Les intérêts du Québec au Canada ou les intérêts du Canada au Québec

6 octobre 2008

Par Gérald Larose président


Nous les lisons. Nous les entendons. Nous les « télévoyons ». Ils ont d’énormes points d’interrogation dans les yeux!  Des commentateurs et des commentatrices  n’arrivent pas ou feignent de ne pas arriver à  trouver de sens au vote que le Québec s’apprête à faire le 14 octobre. « Et ça fait dix-huit ans que ça dure! »


Ce sont précisément ces dix-huit ans qui  donnent à ce vote  tout son sens.   Pendant 40 ans, le peuple québécois s’est   époumoné à revendiquer son autonomie, sa démocratie, sa liberté. Pendant 30 ans, avec des députations québécoises fédéralistes quasi monopolistes (les libéraux de Trudeau détenaient  74 des 75 circonscriptions électorales du Québec au moment du coup fourré de la constitution de 82)  s’est abattue sur le Québec une pluie de coups fourrés et de législations structurantes qui ont pour objectif de construire le Canada pour y intégrer de force le Québec. Il suffit de rappeler  la loi canadienne des langues officielles de 1969 de Trudeau visant  à enterrer le rapport Laurendeau/Dunton; la loi des mesures de guerre pour intimider les mouvements souverainistes;  les mensonges de la campagne référendaire de 1980 (les têtes sur le billot) pour leurrer la population; la Constitution de 1982,  coup d’état constitutionnel qu’aucun gouvernement québécois n’a reconnu; les coupures drastiques de 1994 dans les transferts du fédéral et le vol de caisse d’assurance-chômage qui ont fait voler en éclat l’équilibre fiscal du Québec; l’invasion systématique des compétences du Québec; le Clarity Bill déniant au Québec son droit à l’autodétermination;  la tentative d’achat de l’identité québécoise par les campagnes massives et maffieuses des commandites; etc. etc.  Curieusement ces opérations ont toutes été conçues et exécutées  par des Québécois et des Québécoises élus pour exercer le pouvoir à Ottawa.


Se peut-il que nous ayons compris que les Québécois et les Québécoises  qui cherchent à se faire élire pour exercer le pouvoir fédéral   l’exercent non pas pour défendre les intérêts du Québec au Canada mais les intérêts du Canada au Québec? Se peut-il que nous ayons compris que dans notre quête d’autonomie, de démocratie et de liberté nous serions bien avisés de  priver au maximum   les adversaires du Québec de légitimité politique? C’est le sens du vote pour le Bloc québécois. Engagée depuis  dix-huit ans cette voie consciente du non-pouvoir ailleurs pour constituer l’espace du vrai pouvoir ici est extraordinairement signifiante.  Merci à ces hommes et ces  femmes  disponibles  pour participer non pas à l’exercice du pouvoir du Canada mais bien à la construction du pays du Québec. Nous sommes confiants. Le Québec sera encore au rendez-vous. 

 

 

 

« Votez du bon bord! »

29 septembre 2008

par Gérald Larose, président

Nous la connaissons celle-là! Duplessis n’avait de cesse de l’exploiter. Jean Chrétien nous l’a servie tant et tant. Et maintenant les conservateurs? Non! Les Québécois et les Québécoises ne partagent plus cette conception « chevaline » de la démocratie où l’essentiel consisterait à « gagner » pour être au pouvoir indépendamment du projet, du programme, de l’équipe, du type de leadership ou de l’éthique du débat public?

Ils ne la partagent plus… depuis 18 ans! Mais ils y ont déjà adhéré! Et à chaque fois en le payant très cher.  C’est Guy Bouthillier , dans un texte non publié dans  les grands médias, qui me l’a rappelé.  Voyons quelques exemples.

En 1942, le Québec se battait farouchement contre la conscription.  Mackenzie King détenait 62 des 65 sièges québécois. Il la lui a imposée.

En 1969, le Québec ne voulait absolument pas que le nouvel aéroport soit à Mirabel.  Trudeau détenait 54 des 74 sièges québécois. Il le lui a imposé.

En 1982, le Québec et son  Assemblée nationale du Québec se sont opposés massivement  à la promulgation de la nouvelle constitution canadienne. Trudeau détenait 74 des 75 sièges québécois. Il la leur a imposée. 

En 1983, avec l’appui de la Caisse de dépôt et de placement du Québec et de tout le milieu des affaires, Paul Desmarais souhaitait acquérir le Canadien pacifique. Avec 74 des 75 sièges québécois, Trudeau fit avorter le projet.

En 1990,  Brian Mulroney, accompagné de Robert Bourassa, pilotait l’accord du Lac Meech.  Les sondages indiquaient que la population du Québec était favorable à son  projet. Bien qu’il détienne  63 des 75 sièges québécois,  il échoua lamentablement.

Peut-être qu’au Canada il suffit  de « voter du bon bord » pour que son intérêt soit pris en compte! Il n’en est pas ainsi au Québec.  Et même il se passe exactement le contraire. À chaque fois que le parti au pouvoir a raflé la légitimité de la représentation québécoise, il s’est permis de nous rentrer dedans comme aucun gouvernement affaibli dans cette représentativité ne l’a fait.  Dans le cadre canadien, « voter du bon bord » pour le Québec c’est voter strictement pour un parti qui ne sert qu’un seul maître, le peuple québécois. Il n’y en a qu’un : le Bloc québécois.

 

 

Les invasions américaines

22 septembre 2008

Par Gérald Larose, président

Si les conservateurs avaient été au pouvoir et majoritaires, de jeunes québécois se feraient tués en Irak Comme les Américains! Bien que les conservateurs soient minoritaires au pouvoir, partis pour aider les Afghans à pacifier leurs régions et à reconstruire leur pays, les jeunes québécois se font maintenant tuer à faire la guerre. Comme les Américains! Ils sont arrivés aux affaires avec des surplus importants, les conservateurs les ont liquidés dans des dépenses militaires faramineuses. Comme les Américains!

Le Québec souhaitait un plus grand contrôle des armes à feu, les conservateurs ont élargi leur circulation. Comme les Américains! Le Québec réduisait la délinquance par la prévention et la réhabilitation, les conservateurs ont préféré ajouter des policiers et durcir la répression. Comme les Américains! Les Canadiens se croyaient protégés par leur charte et les conventions internationales, les conservateurs ont approuvé les tortures et le sort innommable imposé à un enfant soldat croupissant à Guantanamo. Comme le veulent les Américains!

Le Québec voulait signer le protocole de Kyoto, les conservateurs ont déchiré la signature du Canada. Comme les Américains! Les femmes, les minorités, le mouvement associatif et les artistes nourrissent le tissu social citoyen, démocratique et solidaire, les conservateurs ont sabré dans leurs programmes de soutien. Comme les Américains! Gavés de valeurs individualistes, marchandes et rétrogrades, l’organisation des conservateurs pullule d’éléments religieux fondamentalistes. Comme les républicains américains!

Avançant lourdement sans dévoiler leur véritable projet de société, les conservateurs font campagne en multipliant les manœuvre de diversion. Comme les Américains! La dernière, le coût de la députation bloquiste à Ottawa. De la publicité négative. Comme les Américains!

Le Québec ne mangera pas de ce pain. Depuis 18 ans, sans qu’il nous en coûte plus cher, nous votons Bloc. Pas par distraction, turpitude ou insuffisance intellectuelle. Mais très précisément pour ne plus nous faire voler notre identité, notre légitimité et notre rapport de force dans un pays qui ne nous a jamais reconnus autrement que comme une tribu. Avant le Bloc, il n’y avait personne pour défendre les intérêts et les consensus du Québec. Tous les partis, sans exception, ont défendu d’abord et avant tout le Canada. Avec les résultats historiques que nous avons connus. Le comble : le rejet du Québec de la constitution de 1982.

Comme les Américains, les conservateurs méprisent les électeurs, le politique et la démocratie. Comme les Américains, ils postulent que les électeurs et les électrices que nous sommes sont épais, crédules et sans projet. Le Québec n’est pas le Canada. Encore moins les USA. Et les invasions américaines n’y changeront rien.